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Tout au long de son histoire, l'Afrique a connu d'importants mouvements migratoires, volontaires et involontaires. Ces mouvements ont pu être légaux ou illégaux et se sont déroulés à l'intérieur ou au-delà de ses frontières. La migration en Afrique peut prendre la forme du déplacement des nomades en quête de pâturages, de l'exode des jeunes de la campagne vers la ville à la recherche d'un travail, de la fuite des cerveaux pour de meilleures possibilités d'emplois à l'étranger et de réfugiés fuyant la guerre civile ou les catastrophes naturelles.
En Afrique, les mauvaises conditions socioéconomiques, tels que les bas salaires, le taux élevé du chômage, le sous-développement rural, la pauvreté et le manque d'opportunités accélèrent l'émigration. Selon les estimations, sur 150 millions de migrants dans le monde, plus de 50 millions sont des Africains. Par ailleurs, environ 50% des personnes déplacées à l'intérieur de leurs pays dans le monde et 28% des réfugiés du monde sont en Afrique. Etant donné que le nombre des migrants ne cesse d'augmenter et que cette tendance pourrait persister dans un avenir prévisible, la gestion de la migration est devenue l'un des plus grands défis du nouveau millénaire pour les Etats africains.
Au cours de ces dernières années, la migration s'est progressivement intensifiée pour devenir une des préoccupations majeures aux niveaux continental et international. Il est nécessaire d'adopter une approche globale et équilibrée de la migration en tenant compte des réalités et des tendances de la migration ainsi que des liens entre la migration et les autres importantes questions économiques, sociales, politiques et humanitaires.
Un aspect actuel de la migration en Afrique est la féminisation croissante de la migration car les femmes ont également commencé à migrer en quête de meilleures possibilités économiques/ d'emplois. Actuellement, les femmes représentent la moitié des migrants africains ce qui porte à croire que les rôles sociaux traditionnels ont été considérablement modifiés. Cette situation nécessite un changement radical de la manière dont la migration est gérée.
S'il est vrai que la migration bien gérée peut avoir un impact positif important pour le développement du pays d'origine et avoir des avantages notables pour les pays de destination, il n'en demeure pas moins que la migration mal gérée ou non maîtrisée peut avoir des conséquences négatives graves pour le bien-être des Etats et des migrants, notamment un éventuel effet déstabilisateur sur la sécurité nationale et régionale. Actuellement, la gestion de la migration porte essentiellement sur les moyens de maximiser les effets de développement de la migration tout en réduisant autant que possible ses aspects négatifs, tels que la fuite des cerveaux, les violations des droits de l'homme, le trafic des êtres humains, le passage clandestine et l'exploitation des migrants, la xénophobie, le racisme et la discrimination.
Le nombre croissant des migrants illégaux, dû entre autres aux politiques restrictives régissant le libre mouvement et la libre circulation des personnes et la forte réduction des visas d'entrée, spécialement en Europe, ont exacerbé les tensions et les passions en ce qui concerne l'ensemble de la question. Dans ce contexte et compte tenu de l'importance du phénomène, les Etats membres sont invités à identifier les mesures propres à trouver des solutions durables pour arrêter et/ou inverser la tendance constatée.
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