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CONFERENCE DES MINISTRES DE L’AGRICULTURE DE L’UNION AFRICAINE MAPUTO 1 - 2 JUILLET 2003: DISCOURS DU PRESIDENT INTERIMAIRE DE LA COMMISSION L’UNION AFRICAINE [English] |
| Excellence Monsieur le Président, C’est toujours pour moi un réel plaisir et un grand honneur de me retrouver avec vous et de pouvoir m’adresser à votre Conseil. Cet honneur est aujourd’hui doublé du sentiment que ressent toute personne qui est en passe d’atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, ceci au regard de nos démarches pour la concrétisation du NEPAD. C’est en effet après une étroite et directe concertation avec mon frère et ami Jacques Diouf, Directeur général de la FAO ici présent sur la crise agricole et alimentaire que traverse notre continent depuis maintenant un certain nombre d’années et sur les enjeux de la mise en œuvre du NEPAD, que j’ai décidé d’organiser la présente session juste avant la très attendue Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine qui aura lieu dans quelques jours dans cette belle et historique capitale du Mozambique. Vous comprendrez dès lors la portée et l’importance que j’accorde à vos délibérations ainsi que ma reconnaissance à l’endroit des Autorités et du Peuple du Mozambique pour avoir accepté d’abriter cette Conférence. Monsieur le Président, Vous me permettrez de laisser le soin aux spécialistes de vous développer statistiques à l’appui, la situation de crise inquiétante de l’Agriculture et de l’Alimentation de notre continent. Et de toute façon, cette situation est non seulement peu reluisante mais aussi bien connue puisqu’à chacune des rencontres africaines et internationales, le diagnostic est fait et des engagements sont pris pour redresser la situation : le Sommet mondial de l’Alimentation, le Sommet mondial du développement durable, les réunions ministérielles de l’OMC, les Sommets du G8, les Assemblées générales de la BAD, et j’en passe sans compter les Conférences des Chefs d’Etat et de gouvernement et autres réunions statutaires de l’Union africaine. A chacune de ces rencontres, l’Afrique et la Communauté Internationale ont renouvelé leur espoir en le NEPAD à travers ses différentes composantes de pouvoir enfin sortir le continent de cette situation. La composante agricole du NEPAD a connu ces 12 derniers mois une évolution notable marquée par deux événements majeurs : votre session extraordinaire tenue le 9 juin 2002 à Rome sous les auspices de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique et la réunion des Chefs d’Etat et de gouvernement et des Présidents des Communautés économiques régionales du 12 décembre 2002 à Abuja au Nigeria. Si la première réunion a adopté le Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine « PDDAA » et a donné des orientations précises sur toute une série d’aspects relatifs aux mesures nécessaires et à la création de conditions propices à la relance de l’agriculture africaine, la deuxième quant à elle, examinant les conditions concrètes à remplir pour garantir le succès, s’est soldée par l’Historique Déclaration des Chefs d’Etat et de gouvernement et des Présidents des Communautés Economiques Régionales sur le NEPAD - vision pour le développement agricole et la sécurité alimentaire en Afrique dite « Déclaration d’Abuja ». L’ensemble de ces engagements et efforts soutenus nous conduit aujourd’hui à nous pencher sur deux questions fondamentales à savoir : quel plan d’action et quelle stratégie faut-il engager pour mobiliser l’ensemble des énergies africaines pour la mise en œuvre cohérente et rapide de ce Programme pour inverser dans les meilleurs délais la situation agricole et alimentaire catastrophique du continent ? Messieurs les Ministres, Au moment où vous vous apprêtez à proposer des solutions à ces deux questions, je vous invite à constamment garder à l’esprit l’intérêt majeur de nos populations et de l’environnement dans lequel elles vivent. Nous devons être vigilants, pour sauvegarder et préserver la santé de nos populations et assurer une bonne sécurité de l’environnement qui les entoure, dans notre souci constant d’atteindre à l’auto-suffisance et la sécurité alimentaires sur le continent. Les stratégies que vous dégagerez à l’issue de votre réunion devront s’articuler autour de bases scientifiques et technologiques éprouvées pour que à court, mais surtout à moyen et long termes, le niveau alimentaire visé soit atteint en toute sécurité pour nos populations urbaines et surtout rurales. C’est mon souhait le plus sincère que les stratégies que vous proposez à l’adoption de nos plus hauts dirigeants ne fassent aucune place au hasard et à l’incertitude ; c’est pourquoi je vous invite à beaucoup de pondération et d’abnégation dans vos prises de décision pour que demain, nous n’ayons pas à mobiliser encore une fois nos efforts pour combattre des fléaux que nous aurons consciemment ou par inadvertance contribué à introduire sur notre continent. Monsieur le Président, Les projets de Plan d’action et de Stratégie de mobilisation de l’Afrique et aussi de ses partenaires qui vous sont soumis ici sont le fruit d’une collaboration étroite et active des différentes institutions africaines auxquelles vous avez commis la tâche de concrétiser les directives et engagements que je viens de rappeler. De passage, je voudrais remercier mon frère Jacques Diouf et toute son équipe pour l’appui constant que la FAO a apporté tout au long de ce processus et me réjouir de la collaboration de la BAD et du Secrétariat du NEPAD avec la Commission de l’Union africaine. Le Plan d’action proposé constitue une réponse directe à la volonté affirmée de mettre en œuvre des investissements portant sur les secteurs productifs des quatre piliers reconnus prioritaires du programme, complétés par des dispositifs de protection qui ont un effet immédiat sur la réduction de l’insécurité alimentaire et la pauvreté du continent. Complémentaire logique des Programmes régionaux sur la Sécurité Alimentaire (PRSA), le plan vise la réduction de la dépendance alimentaire, le développement de l’Agriculture et de l’Economie Rurale, l’amélioration du fonctionnement du commerce intra et extra africain ainsi que la valorisation du revenu des paysans et l’amélioration de leurs conditions de vie. Face à la gravité de la situation, le plan préconise un traitement de choc dit de « Première tranche 2003 – 2009 » qui devrait dans les conditions normales, permettre de renverser au bout des 5 prochaines années la tendance et marquer le coup de l’objectivité et du réalisme des dirigeants africains à travers la vision du NEPAD. Cette tranche sera complétée et consolidée par un traitement de soutien à élaborer plus minutieusement le temps et les ajustement nécessaires aidant. Excellence Monsieur le Président, Vous conviendrez avec moi qu’élaborer des programmes et adopter des plans d’action aussi minutieux soient-ils est une chose, et les appliquer sur le terrain en est une autre. Apparaît dès lors la nécessité et l’intérêt de convenir sur la stratégie ainsi que la répartition des rôles et responsabilités des acteurs dans la mise en œuvre du plan d’action. La stratégie de mobilisation de l’ensemble des énergies africaines requerra en plus de cette claire répartition des tâches :
Le ferme engagement des Etats africains à satisfaire ces conditions et à bien d’autres que je n’ai pas mentionnées ici telles que l’organisation et la défense des droits des producteurs, la défense de faire du continent un champ expérimental des nouvelles technologies, la mobilisation des énergies des femmes et des jeunes, la lutte contre les pandémies (VIH et paludisme) et la drogue… etc., ce ferme engagement dis-je, relèvera de votre sagacité et de votre clairvoyante direction. Le message fondamental qui se dégage de cette démarche est que même si les Organisations régionales et sous-régionales africaines ont un rôle important à jouer, l’essentiel des actions et des conditions à remplir relève des gouvernements des Etats et du niveau national. C’est en définitive donc à vous Excellences Messieurs les Ministres et Premiers responsables de l’Agriculture africaine d’impliquer vos gouvernements respectifs à servir de locomotive dans la traduction en actes concrets des principes et visions du NEPAD. La Commission de l’Union africaine pour sa part, consciente de l’importance de son rôle, vous renouvelle ici son engagement indéfectible à investir le maximum de ses ressources et de ses compétences pour l’aboutissement heureux du processus. Et je tiens à vous réitérer ma détermination à veiller personnellement à la mise en application de vos décisions pour l’aboutissement du Plan d’action du NEPAD. C’est aussi le lieu de remercier et encourager l’ensemble de nos partenaires depuis le G8 et les Nations Unies jusqu’à la coopération bilatérale qui ont clairement exprimé leur soutien à l’Afrique dans la mise en œuvre du NEPAD. Que la FAO et tous les partenaires qui se sont engagés à apporter leur contribution pour le renforcement des capacités des services techniques de la Commission à relever le défi soient ici vivement remerciés. Vous renouvelant une fois de plus ma disponibilité ainsi que
celle de toute mon équipe à contribuer à la mise
en œuvre effective de vos décisions, je vous remercie et
souhaite plein succès à vos travaux.
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