Les principaux objectifs de l’OUA étaient notamment
d’éliminer les derniers vestiges du colonialisme et
de l’apartheid; de renforcer l’unité et la solidarité
des Etats africains; de coordonner et d'intensifier la coopération
en faveur du développement de défendre la souveraineté
et l’intégrité territoriale des Etats membres;
et de favoriser la coopération internationale, dans le cadre
des Nations Unies.
En effet, en tant qu’organisation
continentale, l’OUA a fourni un forum efficace qui a permis
à tous les Etats membres d’adopter des positions coordonnées
sur des questions d’intérêt commun concernant
l’Afrique dans les instances internationales, et de défendre
efficacement les intérêts du continent.
A travers le Comité de coordination
de l’OUA pour la libération de l’Afrique, le
continent a parlé d’une seule voix et œuvré
avec une détermination et sans faille à la réalisation
d’un consensus international en faveur de la lutte de libération
et du combat contre l’apartheid.
La quête d’unité
Dans leur quête pour l’unité
et le développement économique et social, sous l’égide
de l’OUA, les pays africains ont pris un certain nombre d’initiatives
et réalisé des progrès substantiels dans de
nombreux domaines, ce qui a ouvert la voie à la création
de l’UA. Au nombre de ces initiatives, il convient de citer
les suivantes :
-
Le Plan d’action
de Lagos (PAL) et l’Acte final de Lagos, adoptés
en 1980, qui définissent les programmes et les stratégies
visant à promouvoir un développement auto-entretenu
et la coopération entre les pays africains.
-
La Charte africaine
des droits de l’homme et des peuples, adoptée en
1981 à Nairobi, qui a conduit à la création
de la Commission des droits de l’homme et des peuples, dont
le siège est à Banjul (Gambie), ainsi que la Déclaration
et le Plan d’action de Grand-Baie, deux instruments adoptés
par l’OUA pour promouvoir les droits de l’homme et
des peuples sur le continent.
-
Le Programme prioritaire
de redressement économique en Afrique (PPREA), adopté
en 1985, qui est un programme d’urgence visant à
faire face à la crise des années 80 dans le domaine
du développement, à la suite de la longue période
de sécheresse et de famine qui a sévi sur le contient
et de l’effet paralysant de la dette extérieure africaine.
-
La Déclaration
de l’OUA sur la situation politique et socio-économique
en Afrique et les changements fondamentaux qui se produisent dans
le monde, adoptée en 1990, qui souligne la détermination
de l’Afrique à prendre l’initiative, à
façonner son propre destin et à relever les défis
de la paix, de la démocratie et de la sécurité.
-
La Charte africaine
de la participation populaire, adoptée en 1990, qui témoigne
de la détermination renouvelée de l’OUA à
tout mettre en œuvre pour placer le citoyen africain au centre
des processus de développement et de prise des décisions.
-
Le Traité
instituant la Communauté économique africaine (AEC),
adopté en 1991 et plus communément connu comme le
Traité d’Abuja, qui vise à mettre en place
l’AEC en six étapes devant aboutir à un Marché
commun africain dont les piliers sont les communautés économiques
régionales (CER). Le Traité est en vigueur depuis
1994.
-
Le Mécanisme
pour la prévention, la gestion et le règlement des
conflits, adopté en 1993, est l’expression concrète
de la détermination des dirigeants africains à trouver
des solutions au fléau des conflits et à promouvoir
la paix, la sécurité et la stabilité sur
le continent.
-
Le Programme d’action
du Caire, adopté en 1995, qui est un programme visant à
relancer le développement politique, économique
et social de l’Afrique.
-
La Position africaine
commune sur la crise de la dette extérieure de l’Afrique,
adoptée en 1997, qui est une stratégie visant à
faire face à la crise de la dette extérieure du
continent.
-
La Décision
d’Alger sur les changements anticonstitutionnels de gouvernement,
adoptée en 1999, et la Déclaration de Lomé
sur le cadre pour une réaction face aux changements anticonstitutionnels
de gouvernement, adoptée en 2000.
-
La Déclaration
solennelle sur la Conférence sur la sécurité,
la stabilité, le développement et la coopération
en Afrique (CSSDCA), qui établit les principes fondamentaux
pour promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance sur
le continent .
-
Les réponses
face aux autres défis: l’Afrique a pris un certain
nombre d’initiatives collectives, sous l’égide
de l’OUA, dans le domaine de la protection de l’environnement,
de la lutte contre le terrorisme international, de la lutte contre
la pandémie de VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose,
de la gestion des questions humanitaires telles que l’afflux
des réfugiés et des personnes déplacées,
les mines terrestres, les armes légères et de petit
calibre, etc.
-
L’Acte constitutif
de l’Union africaine, adopté en 2000 lors du Sommet
de Lomé (Togo).
-
Le Nouveau Partenariat
pour le développement de l’Afrique (NEPAD), adopté
lors du Sommet de Lusaka (Zambie), en tant que programme de l’UA.
L'avènement
de l'UA
Les initiatives prises par l’OUA
ont ouvert la voie à la naissance de l’UA. En juillet
1999, la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernement
a décidé de tenir une session extraordinaire pour accélérer
le processus d’intégration économique et politique
sur le continent. Par la suite, quatre Sommets se sont tenus et ont
abouti au lancement officiel de l’Union africaine :
|
•
La session extraordinaire de la Conférence, tenue
à Syrte en 1999, a décidé de créer
l’Union africaine.
• Le Sommet de Lomé, tenu en 200, a adopté
l’Acte constitutif de l’Union.
• Le Sommet de Lusaka, tenu en 2001, a établi
le programme pour la mise en place de l’Union africaine.
• Le Sommet de Durban, tenu en 2002, a lancé
l’Union africaine et a été suivi de
la tenue de la session inaugurale de la Conférence
des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union. |
|
La vision
de l'UA
L’UA est l’institution
fondamentale et la principale organisation du continent dans le
domaine de la promotion de l’intégration socio-économique
accélérée du continent en vue du renforcement
de l’Unité et de la solidarité entre les pays
et les peuples africains.
L’UA est basée sur la
vision partagée d’une Afrique unie et forte, et sur
la nécessité de bâtir un partenariat entre les
gouvernements et toutes les couches de la société
civile, en particulier les femmes, les jeunes et le secteur privé,
afin de renforcer la solidarité et la cohésion entre
les peuples africains. Organisation à vocation continentale,
l’UA œuvre fondamentalement à la promotion de
la paix, de la sécurité et de la stabilité
sur le continent en tant que préalables à la mise
en œuvre de son programme dans le domaine du développement
et de l’intégration.
Les
objectifs de l'UA
Les objectifs de l’Union sont
les suivants:
•
Réaliser une plus grande unité et solidarité
entre les pays africains et entre les peuples d’Afrique;
• Défendre la souveraineté, l’intégrité
territoriale et l’indépendance de ses Etats membres;
• Accélérer l’intégration politique
et socio-économique du continent;
• Promouvoir et défendre les postions africaines communes
sur les questions d’intérêt pour le continent
et ses peuples;
• Favoriser la coopération internationale, en tenant
dûment compte de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration
universelle des droits de l’homme;
• Promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité
sur le continent;
• Promouvoir les principes et les institutions démocratiques,
la participation populaire et la bonne gouvernance;
• Promouvoir et protéger les droits de l’homme
et des peuples conformément à la Charte africaine
des droits de l’homme et des peuples et aux autres instruments
pertinents relatifs aux droits de l’homme;
• Créer les conditions appropriées permettant
au continent de jouer le rôle qui est le sien dans l’économie
mondiale et dans les négociations internationales;
• Promouvoir le développement durable aux plans économique,
social et culturel, ainsi que l’intégration des économies
africaines;
• Promouvoir la coopération et le développement
dans tous les domaines de l’activité humaine en vue
de relever le niveau de vie des peuples africains;
• Coordonner et harmoniser les politiques entre les Communautés
économiques régionales existantes et futures en vue
de la réalisation graduelle des objectifs de l’Union;
• Accélérer le développement du continent
par la promotion de la recherche dans tous les domaines, en particulier
en science et en technologie;
• Œuvrer de concert avec les partenaires internationaux
compétents en vue de l’éradication des maladies
évitables et de la promotion de la santé sur le continent.
Les
organes de l'UA
La Conférence
La Conférence est composée des Chefs d’Etat
et de gouvernement ou de leurs représentants dûment accrédités.
Elle est l’organe suprême de l’Union.
Le Conseil exécutif
Le Conseil exécutif est composé des ministres ou autorités
désignés par les gouvernements des Etats membres. Il
est responsable devant la Conférence.
La Commission
La Commission est composée du Président, du
Vice-président et de huit Commissaires, assistés des
membres du personnel. Chaque Commissaire est en charge d’un
portefeuille.
Le Conseil de paix et de sécurité (CPS)
Par sa décision AHG/dec.160 (XXXVII), le Sommet de
Lusaka, tenu en juillet 2001, a décidé de créer,
au sein de l’Union africaine, le Conseil de paix et de sécurité.
Le Protocole sur la création du CPS est en cours de ratification.
Le Parlement panafricain
Le Parlement panafricain est un organe qui vise à
assurer la pleine participation des peuples africains à la
gouvernance, au développement et à l’intégration
économique du continent. Le protocole définissant la
composition, les pouvoirs, les attributions et l’organisation
du Parlement panafricain a été signé par les
Etats membres et est en cours de ratification.
L’ECOSOCC
Le Conseil économique, social et culturel (ECOSOCC)
est un organe consultatif composé des représentants
des différentes couches socio-professionnelles des Etats membres
de l’Union. Les Statuts définissant les fonctions, les
attributions, la composition et l’organisation de l’ECOSOCC
ont été élaborés et seront soumis au Sommet
de Maputo.
La Cour de justice
Il est prévu une Cour de justice de l’Union.
Le Statut définissant la composition et les fonctions de ladite
Cour ont été élaborés et sera soumis au
Sommet de Maputo.
Les Comités Techniques
Spécialisés
- le Comité chargé des
questions d’économie rurale et agricoles;
- le Comité chargé des
questions commerciales, douanières et d’immigration;
- le Comité chargé de
l’industrie, de la science et de la technologie, de l’énergie,
des ressources naturelles et de l’environnement ;
- le Comité chargé des
transports, des communications et du tourisme;
- le Comité chargé de
la santé, du travail et des affaires sociales;
- le Comité chargé de
l’éducation, de la culture et des ressources humaines.
Les institutions
financières
- La Banque centrale africaine
- Le Fonds monétaire africain
- La Banque africaine d’investissement.
Les
progrès réalisés dans la mise en œuvre de
l'Acte constitutif
Depuis la Décision
de Lusaka sur la transition de l’OUA à l’UA, des
progrès ont été réalisés comme
suit:
- l’élaboration et l’adoption
des instruments juridiques en vue de la mise en place et du lancement
des quatre organes clés: la Conférence, le Conseil
exécutif, la Commission et le Comité des représentants
permanents;
- l’élaboration de la
structure et des conditions de service du personnel de la Commission.
L’achèvement des études et l’élaboration
de l’instrument juridique approprié pour rendre l’ECOSOCC
opérationnel;
- L’achèvement des études
sur le financement de l’Union;
- L’élaboration des Statuts
de la Cour de justice;
- Le transfert de l’actif et du
passif de l’OUA à l’UA ;
- L’élaboration du Protocole
sur les relations entre l’UA et les CER ;
- La mise au point du Protocole relatif
à la création du Parlement panafricain (en cours de
ratification);
- La mise au point du Protocole sur
la création du Conseil de paix et de sécurité
(en cours de ratification);
- L’élaboration du Cadre
d’orientation pour la création d’une Force africaine
prépositionnée et du Comité des chefs d’état-major;
- La mise au point du processus d’élection
des membres de la Commission par la Conférence de l’Union
à Maputo.
La
Commission de l'UA
La Commission est l’un
des organes clés de l’Union. Elle joue un rôle
central dans la gestion quotidienne de l’Union africaine. Entre
autres attributions, la Commission représente l’Union
et défend ses intérêts ; élabore les projets
de positions communes de l’Union ; élabore des plans
stratégiques et des études, soumettre à l'examen
par le Conseil exécutif ; assure l’élaboration,
la promotion, la coordination et l’harmonisation des programmes
et des politiques de l’Union avec ceux des CER; veille à
l’intégration des femmes dans tous les programmes et
activités de l’Union.
Les membres de
la Commission
Les membres de la Commission sont:
- Le Président
- Le Vice-président
- Les huit (8) Commissaires
- Les membres du personnel.
Les
Portefeuilles de la Commission
Les portefeuilles de la Commission
sont les suivants :
1. PAIX ET SECURITE (prévention,
gestion et règlement des conflits et lutte contre
le terrorisme);
2. AFFAIRES POLITIQUES (droits de l’homme, démocratie,
bonne gouvernance, institutions électorales, organisations
de la société civile, affaires humanitaires,
réfugiés, rapatriés et personnes déplacées);
3. INFRASTRUCTURES ET ENERGIE (énergie, transports,
communications, infrastructures et tourisme);
4. AFFAIRES SOCIALES (santé, enfants, lutte contre
la drogue, population, migration, travail et emploi, sports
et culture);
5. RESSOURCES HUMAINES, SCIENCES ET TECHNOLOGIE (éducation,
technologies de l’information et de la communication,
jeunesse, ressources humaines, science et technologie);
6. COMMERCE ET INDUSTRIE (commerce, industrie, douanes et
immigration);
|
7.
ECONOMIE RURALE ET AGRICULTURE (économie rurale, agriculture
et sécurité alimentaire, élevage, environnement,
eau et ressources naturelles, désertification);
8. AFFAIRES ECONOMIQUES (intégration économique,
affaires monétaires, développement du secteur
privé, investissements et mobilisation de ressources). |
 |
Les
dispositions intérimaires
Conformément à
l’article 33 (4) de l’Acte constitutif, le Secrétaire
général, les Secrétaires généraux
adjoints et les fonctionnaires de l’ancien Secrétariat
général de l’OUA sont désignés
comme la Commission intérimaire.
A l’issue du Sommet
de Durban (Afrique du Sud), une période intérimaire
d’une durée d’un an a été instituée
à compter du 9 juillet 2002. Au terme de cette période,
la deuxième session ordinaire de la Conférence de
l’Union, prévue à Maputo, élira le Président
et le Vice-président de la Commission, et procédera
à la nomination des Commissaires, par l’intermédiaire
du Conseil exécutif.
~0~
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