Pour s’acquitter
du mandat qui lui est confié, la Commission de
l’Union africaine peut s’appuyer maintenant sur trois
documents essentiels qui portent, le premier sur
la
Vision de l’Union Africaine et les Missions de la Commission
de l’Union Africaine, le second sur le
Cadre Stratégique 2004-2007 de la Commission de
l’Union Africaine, et le troisième
sur les
plans d’actions des départements de la Commission,
tous les trois documents visant à structurer le
programme 2004 –2007 que la Commission de l’Union Africaine
soumettra à ses instances dirigeantes en juillet
prochain.
Il est important
de réaliser que la vision, les missions et le cadre
stratégique de la Commission sont le fruit d’un
exercice collectif de réflexion et d’échange.
Ces séances de « brainstorming » ont
réuni à Addis Abéba, en octobre,
novembre et décembre 2003, des membres du personnel
de la Commission et des bureaux extérieurs, des
personnes-ressources africaines, et des responsables d’institutions-clés
autour de ce que doivent être les ambitions, les
moyens, les obligations et les résultats de la
Commission. Les rencontres ont mis en synergie des intellectuels,
des politiques, des représentants de la société
civile, des secteurs public et privé, ainsi que
les ambassadeurs africains et les partenaires au développement
basés dans la capitale éthiopienne. L’exercice
participait de la nécessité d’une appropriation
citoyenne de la question de l’intégration africaine
par ceux qui ont un rôle critique à jouer
dans sa concrétisation.
L’on ne peut,
à l’arrivée, que se féliciter du
fait que l’Afrique souhaitée par les fondateurs
de l’Union Africaine est une Afrique consciente de ses
potentialités et déterminée à
les exploiter, notamment par la mise en commun de ses
moyens, une Afrique critique vis à vis de ses propres
faiblesses et voulant participer activement aux échanges
mondiaux. Une Afrique qui ne peut pas attendre demain
pour voir ses problèmes résolus. Une Afrique
qui doit avoir le souci d’offrir à ses populations
les biens et services de base à des coûts
abordables.
Comment arriver
à cette délivrance ? Le cadre stratégique
de la Commission balise les axes qui doivent nous y mener.
La volonté politique des Etats membres de réaliser
l’intégration, l’engagement de la Commission, l’adhésion
citoyenne au projet d’intégration, l’exploitation
optimale de tous nos atouts (une bonne dotation en ressources
humaines et en ressources naturelles, la diversité
et la vitalité de nos cultures, nos langues, notre
sens de la solidarité, et notre disponibilité
au dialogue), sont, entre autres, les conditions requises
pour que l’Afrique soit désormais une force avec
laquelle et sur laquelle compter.
Ce défi
sera relevé au prix de la mise en oeuvre d’une
stratégie du possible et du réalisable dans
laquelle tous doivent s’investir. Les Etats d’abord :
parce que leur engagement résolu pour la mise en
œuvre des chantiers de l’Union africaine conditionne leur
succès. Les peuples ensuite : car il n’y aura d’intégration
que celle voulue et dictée par eux. Les organes
de l’Union, enfin : ils peuvent contribuer à accélérer
la transformation du continent, s’ils sont dotés
de moyens nouveaux, conséquents et durables, gérés
dans une logique de gouvernance d’entreprise, développant
leurs propres indicateurs de performance et s’obligeant
à obtenir les résultats annoncés
dans les échéances prévues.
Pour sa part,
la Commission est déterminée à jouer
pleinement le rôle attendu d’elle, en faisant la
promotion, en son sein, des valeurs d’intégrité,
de transparence et de bonne gouvernance, de respect mutuel,
de promotion des femmes, ainsi que de solidarité
et d’engagement ferme pour la cause de l’unité
africaine.
Pour
la Commission de l’Union Africaine
Le Président de la Commission
Alpha Oumar Konaré
.